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10月28日 J'ai un métier formidable 2Ma soeur m'a fait remarquer que je n'ai pas foutu lourd sur ce blog depuis un mois...elle a raison, alors voici un truc à se mettre sous les dents : Malgré le climat politique, économique et social pourri de partout et notamment en Guyane, malgré des évènements et des situations qui me font presque pleurer de rage et de désespoir, je dois admettre, et celà pour la deuxième fois, que j'ai eu un cul bordé de nouilles d'être tombé sur le métier que je fais. Vous m'excuserez de l'écart de langage mais il n'y a pas d'autres expressions plus adéquates (de Sheila...Wouahaha ! J'ai une de ces formes, moi !). Je disais donc que je fais un métier formidable même si, pour des calculs strictement idéologiques, il est condamné à disparaître très bien tôt, puisqu'il n'y plus qu'un modèle économique reconnu, et ce modèle n'admet pas de domaine privé dans les sphères de l'Etat. Même si actuellement on vit la faillite du système basé sur ce modèle que la décence m'interdit de qualifier, personne n'osera le remettre en question. Bref, tout ça pour vous raconter partiellement ma dernière semaine de travail et comment j'ai mis en application certaines pratiques locales...histoire de ne pas mourir idiot et surtout d'en rire. Donc, la semaine dernière, nous voici partis le dimanche soir vers Maripa Soula pour pouvoir prendre la pirogue dans les premières heures afin de commencer au plus tôt notre programme bien chargé de ces 3 jours sur le Haut Maroni. Notre projet était dispersé dans plusieurs villages de la commune...dont la cartographie s'avère approximative...quand elle existe ! Nous sommes en France et tout n'est pas cartographié. Leçon n°1 sur le fleuve. Ne pas faire son malin en essayant de bronzer sur la pirogue. Il faut être couvert de la tête aux pieds. Faire attention au nez ! Et serrer les fesses quand on passe les sauts. La descente étant plus dangereuse, le gilet de sauvetage est fortment recommandé. Cette fois ci, on a eu droit à un virage raté dans un saut. La pirogue s'est coincée dans des rochers, fort heureusement sans pivoter dans le courant. Je trouve que les incidents m'arrivent de plus et en plus souvent... Le plaisir de retrouver ces lieux prend rapidement le pas sur les piqures d'insectes (mes collègues n'ont rien eu mais moi...les insectes m'adorent) ou autres mystères techniques de l'hydraulique sous pression. Malgré les marques évidentes de l'orpaillage qui continue à tout bousiller sur son passage. Je retrouve ces villages tranquilles, pour la première fois en période scolaire. Il y a donc plein d'enfants partout, en journée, habillés de vêtements traditionnels : le kalimbé et ...le truc pour les filles dont j'ai oublié le nom. C'est leur uniforme scolaire. Rencontres un peu furtifs avec des habitants, quelques mots échangés, un petit signe de la main, un sourire en coin. La prochaine fois, je prendrai le temps de causer...je ne sais pas encore de quoi, mais ça doit être faisable. Fleurs de salade de coumarou, du nom d'un poisson herbivore découvert il y a seulement quelques années et dont on ne connaît pas grand chose. Evidemment, les locaux le connaissaient depuis longtemps ! Des théories de carnivore masqué circulent sur cet animal. Faites des recherches. Séance de sport sur un terrain de foot. Les gaminsont l'air de s'amuser comme des fous. On tombe de plus et en plus souvent sur des équipements assez incongrus, telles que ces relais d'internet pour les enseignants. Eh oui, c'est plus ce c'était d'enseigner sur le Haut Maroni. Eau à la maison, et electricté gratuite, alors qu'à Maripa Soula, la Mairie n'a pas internet ! L'eau est la vie, le fleuve et ses berges, des lieux de vie. Lessive, vaisselle, baignade, recontre, toilettes (pas toout au même endroit, biensûr !). En fait, on occupait leur salle d'eau sans vraiment demander la permission. Des gamins jouaient à pêcher au harpon. Fabrication de kassav, galette de manioc et base de l'alimentation. Comme d'hab, je n'ose pas et n'aime pas trop prendre les gens en photos. Il faudrait que je demande un jour. Après avoir passé la journée sous le soleil (c'est soit le soleil, soit la pluie), on se précipitais pour aller se refroidir, se laver dans le fleuve, se baigner ou faire une petite lessive avant que la nuit ne tombe. Le soir, c'est un apéro, un repas et au lit...enfin, à l'hamac, puisque celui-ci est de rigueur. Moi, j'aime pas trop ça car j'ai du mal à me reposer, mais bon, ce n'est pas la mort non plus. Bain avec les villageois. Notre gîte. Le RdC chez un villageois. Matin calme à Antécum Pata. Quand on ne dort pas bien et qu'on n'a pas picolé, on se lève tôt ! Magique !!! Dernière baignade parmi les salades de coumarou avant de partir Alors, sur le fleuve, on fait ses besoins comme tout le monde. Lors de la conférence sur l'eau dans la civilisation amérindienne, on avait appris que le Améridiens faisaient leur besoin dans l'eau. Pas l'eau stagnante bien sûr, mais là où le courant emporte les déjections loin du village. Ca tombe bien, là où on logeait, c'était à la pointe aval du village et il y avait donc le coin-caca.J'ai profité d'un réveil matinal pour essayer la technique qui consistait à "le faire" les fesses dans l'eau et de laisser le courant tout emporter ...dans le bon sens. Le problème est que à peine, les restes du repas de la veille expulsé, les poissons qui devaient être à mes pieds à ce moment là se sont précipités sous mes fesses. Inutile de précisé que j'ai un bond de Carl Lewis pour me sortir de l'eau ! Comme dans les films d'horreur impliquant les pauvres pirhanas, il y avait un bouillonnement là où le bronze a été démoulé (amis de la poésie, bonsoir...). Un peu plus tard, j'ai attrapé au même endroit un piranha, qui aurait dû finir dans nos estomacs si le piroguier ne nous avait pas concocté un blaf de coumarou(sorte de pirhana herbivore qui vivent dans les sauts). Encore un de ces "féroces" pirhanas. Pour l'instant, ce sont eux qui se font manger. Ils ,font des bruits du genre "bub.....bub....bub..." comme pour dire : "Relache moi, relache moi, je t'ai rien fait !"- je dois vraiment avoir des problèmes.... Fin de mission et retour à la civilisation. Voilà ma dernière sortie pour le travail. |
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