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    21 March

    Pensée du jour


    Si en Guyane on n'a pas de pétrole, on n'a pas d'idées non plus. Mais on s'en fout car on a le caïman péteur !




    05 April

    La Guyane....française ?

    Cette semaine, un accident d'avion au Surinam a coûté la vie à 20 personnes dont six Français de la même famille. Ca s'est passé à quelques centaines de mètre de la frontière de la Guyane, donc de la France.
    Avez vous, en métropole, entendu la presse relayer ce fait divers tragique?
    Il faut dire que ces Français sont des Amérindiens d'Antécum Pata...alors pour beaucoup,  ils sont un trop exotiques pour intéresser les métropolitains.

    Finalement, le média a une énorme responsabilité dans la transmission des informations. D'accord, on n'est pas obligé de savoir que la Guyane n'est pas une île ou que c'est la France, mais si on n'en parle jamais, la majorité des gens n'en saura pas plus.
    21 November

    Ecolo de mes deux

    Rencontré par mes potes dans le trou-du-cul de Guyane, un trouduc, informaticien de métropole qui se dit écolo. Il a été au Brésil, a mangé des oeufs de tortues, espèces menacées, ceci dit en passant, et dit que "les Brésiliens, ils sont pas très écolos". Ce Bordelais fait un tour en Guyane et prélève des animaux et de la flore pour son book ... écolo.
    Dans la veine des 4x4 "verts", du "bio-carburant" et autres conneries Canada Dry(R) de l'écologie, la bonne conscience environnementale ne suffira pas à nous éviter d'aller dans le mur.

    Enfin, peut être pas tout le monde.

    Pourtant, je ne suis pas de mauvaise humeur. Ce soir on me présente des infirmières fraîchement débarquées de métropole.


    22 February

    Métros bobos

    Je ne vous parle pas des Guyanais car ils sont ici chez eux et ils font ce qu'ils peuvent. Je voudrais parler des "métros" cette population un peu particulière originaire de France.
     
    Je trouve que leur santé mentale est parfois chancelante.
     
    Je n'ai pas tenu de statistiques sur le phénomène mais je commence à comprendre certaines choses.
     
    Vous avez remarqué d'après le sous-titre de ce blog, que je tente de décrire la vie en Guyane à travers les yeux d'un métro. J'ai cru que la vie pouvait y être facile-ou difficile comme partout ailleurs. Que néni, je ne suis qu'un ingénu. Ou un parfait dur-à-cuire.
     
    J'ai cru qu'en ayant un travail, donc un revenu décent on n'a plus qu'à profiter du soleil, de la chaleur et de la nature en sursis mais encore relativement épargnée. Tout ça sous la protection de notre bienveillante Sécurité Sociale. Mais, là je découvre un tas de gens malheureux...non, je ne parle pas des crèves la faim, quart-mondistes ou des paumés du coin. Ou encore des autochtones-et Français (!!)dont on assiste à une disparition quasi certaine. Je parle de mes collègues ayant au moins le même niveau de revenu que moi.
     
    C'est vrai que peu de temps après mon arrivé, j'ai appris le suicide d'un jeune prof d'une petite vingtaine d'années mais je n'avais pas fait le lien avec le reste. Pour moi, la vrai difficulté est l'éloignement avec la famille et les amis, mais de tout ça ne mérite que l'on "pète un cable".
    Pourtant, ça arrive plus souvent que je ne croyais.
     
    "La Guyane rend fou" cette phrase a été prononcée et je n'en croyais pas mes oreilles. J'ai l'impression de ne pas vivre au même endroit ! Ca y est, je comprends maintenant pourquoi je ressentais tant de malaise en parcourant les forums de discussions locaux. Mais ils sont tous barrés, là ! Et ils se retrouvent pour faire la fête (non, là j'ai juste rajouté ça pour rire...quoi que...).
     
    Je crois qu'il y en a pas mal qui sont arrivé en Guyane avec des problèmes et qui espère que la région allait leur débloquer l'hypophyse. Mais la Guyane ne mérite pas ça! Elle a besoin de pas mal de choses mais certainement pas de gens fragiles qui croient au Père Noël.
     
    Le mal-être de certains est tel qu'ils n'hésitent pas à prodiguer des conseils aux bleus, comme s'ils avaient fait le tour de la Guyane, comme s'ils avaient tout compris de tout .
     
    De plus, je soupçonne certains d'être très gênés de se retrouver-en minorité parmi des compatriotes de couleurs et de ne pas pouvoir leur crier "retourne chez toi, sale "couleur"".
     
    Ici, c'est vrai que beaucoup de choses sont plus compliqués qu'en France, mais il n'y a rien d'insurmontable. La preuve...moi, j'y vis!!!!  J'ai aussi pas mal de chance de vivre parmi des gens à peu près équilibrés et de ne pas trop me faire entrainer au fond par des "boulets". Je crois que demain, je vais tous leur faire la bise. Même ceux qui ne se seront pas rasés.
     
    La suite un autre jour car j'ai sommeil, là !
    Bye (je rappelle que ça veut dire Ciao en Anglais-KANSAS sur TV Alsace)

    08 November

    La Tribu des VATs

    En Guyane, il a des Amerindiens, les seuls vrais proprios du coin et les autres pièces rapportées par l'histoire. Parmi ces pièces rapportées, une petite tribu de VAT ou plus exactement VCAT (pour Volontaire Civile d'Aide Technique), comme dans les pays du "Sud".

    Quand il y avait encore le Service National, il n'était pas étonnant d'en trouver en France ou du moins sur le territoire français. Moi même, j'ai fait mon service dans un labo de la fac de Sciences à Nancy en tant qu'objecteur de conscience (on finira par tout savoir sur ce blog). Maintenant que le Service a été supprimé, les VATs demeurent comme une survivance d'une époque lointaine où il fallait marcher au pas pour montrer qu'on a des cou...... Ou alors, est-ce un réservoir de jeunes diplomés que les administrations et les collectivités peuvent se procurer à peu de frais ? Je vous le dis, j'ai une langue de pute. Heureusement que je ne parle pas beaucoup.

    Ils sont jeunes et diplomés (au moins bac+2, souvent des ingénieurs). Ils vivent souvent en colocation et la plupart font très fréquemment des fêtes. Ils bougent tout le temps, parcourent la Guyane en long et en large, et font des fêtes tous les WE ou presque.

    Cette parenthèse guyanaise, outre de leur procurer (parfois...ça veut dire pas toujours) une première expérience professionnelle avant de passer aux choses sérieuese, leur a permis de découvrir ce petit coin de France un peu oublié de la Métropole, quand ils ne sont pas d'ici.

    Ils s'appellent Audrey, Catherine, Clyde, Joris, Julien, Mathilde, Mélina, Stéphane ou Vanessa. Ils ont de 23 à 29 ans (age limite, à ce qu'il me semble). La plus part vivent quand même confiné à leur groupe, tout simplement parcequ'ils sont en attente de la même chose. Loin d'être sectaires, il n'est pas rare que des non-vat se retrouvent invités à leur  fête....à condition de tenir la distance, car je vous rappelle que ce sont de jeunes femmes et jeunes hommes en pleine montée de sèvre ! Genre ambiance d'étudiants, mais sans les exams à la fin de l'année. Je vous n'en dirai pas plus. Moi avec eux, en général, je tiens jusqu'à minuit.

    Après leur période de VATariat, ils prendront des chemins divers et variés...après tout ce ne sont pas des moutons. Leur contrat dure en général une année, prorogeable une fois une année. Quelques uns n'ont plus jamais quitté la Guyane (ça n'a rien d'extraordinaire, hein ! Quand on débarque quelque part, parfois, on y reste !).

    Vous pouvez en découvrir quelques spécimens à travers leurs blogs pour tenir leur famille au courant de leur petite vie dans l'enfer vert ! Histoire de les rassurer et de les impressionner aussi, je le soupçonne :

     http://audreyenguyane.canalblog.com/

     Bon, je complèterai la liste plus tard...

    Ah oui, ils reçoivent dans les 1300 € d'indemnités, le billet aller et retour  ainsi que le transport de quelques malles d'affaires.

    Voilà...les jeunes diplomés, au lieu d'aller cramer les voitures en banlieue, venez affronter les grages, les poux d'agoutis et autres détrousseurs de grands chemins.

    04 October

    J'ai testé une plage sauvage

    Malgré ses centaines de Km de côte, la Guyane n'a pas beaucoup de plages accessibles. Cayenne est entourée par la mer mais ce n'est bizarrement pas une ville balnéaire. Il faut s'éloigner du centre pour trouver un peu de plages.
    Ce dimanche, mes collègues et moi avons orgnaisé un pêche-barbeuck party sur une des plages dans la banlieue de Cayenne.
    L'accès est facile par la route et derrière une bambouseraie, on debouche sur la plage.
    Ce qu'on y a trouvé n'est vraiment pas terrible. Dès le parking improvisé sous la bambouseraie, des détritus et des sacs poubelles jonchent le sol, à tel point qu'on a plus l'impression de tomber sur une décharge sauvage que sur une plage.
    Il s'agit ici de la  Plage des Brésiliens, située sur la commune de Rémir. Pourquoi ce nom, je n'en sais rien .... peut être à cause d'un village brésilien qui se trouve dans le coin (je reste très vague car je ne sais vraiment rien de ce coin jusqu'à très récemment).
    Le potentiel de la plage est pourtant très élevé. Mais mes collègues ont retrouvé des arbres qui pourraient fournir de l'ombre coupés...ah oui, c'est vrai qu'on ne risque pas grand chose en coupant des arbres dans la nature.
    On a finit par trouvé un coin et on s'est résigné à faire du ramassage de détritus avant de s'installer. Un gros sac poubelle de canettes, d'assiettes en plastiques, de couches culottes et autres couverts en plastique plus tard, on s'est installé.
    Quelques heures, quelques bouteilles et quelques poissons (petits...vraiment petits pour de si grandes cannes) pêchés plus tard, les gens ont commencé à arriver. Vers 16h arrivent de toute part des gens suivis des vendeurs de plages. Des Brésiliens ont mis de la musique...fort, bien sûr. J'étais ravi.
    Visiblement les gens n'ont pas l'air gênés par l'état de la plage. En tout cas, après notre départ, notre coin était plus propre qu'à notre arrivée...c'est notre petite et insignifiante contribution à faire respecter l'environnement dans le quel on vit.
     
    Ceci étant dit, il n'y a vraiment pas de quoi être fier.
     
    En tout cas, sortie sans plaisir.
     
     
     
     
    12 September

    Une petite connerie en passant

     
    Je voudrais juste parler de la sono, calmement, de la sonorisation des voitures. Ici ça prend des proportions grotesques. Je rappelle que nous vivons dans un pays tropical et que les fenêtres sont constamment ouvertes pour d'évidente raison de circulation d'air.
     
    Du coup nous subissons ou nous faisons avec les bruits de vie de tous. Ce n'est pas grave sauf ...c'est là où je perds mon sang  froid.
     
    En effet, ce sujet me donne l'envie de faire un exposé sur le RPG 7 :
     
     
     RPG-7V Rocket Propelled Grenade launcher, ou lance-roquette équipé de la lunette PGO-7  et d'une charge PG-7VM prête à l'emploi(le propulseur est en place)
     Calibre: propulseur 40 mm, charges 40, 70 et 105mm (depending on the grenade model)
    Type: recoilless launch + rocket booster 
    Overall length: 650 mm
    Weight: 6.3 kg unloaded, with PGO-7 telescope sight
    Effective range: 200-500 meters, depending on the grenade type
    Pour plus d'infos, un site : http://world.guns.ru/grenade/gl02-e.htm
     
     Voilà ce qui m'inspire, quand j'entends de la musique de daube faire trembler les vitres alors que la putain de voiture est à 100 de chez moi. Les occupants de la dite voiture que je devine tunée un minimum, sinon, ça ne la fait pas, attendent patiemment d'être servis à la roulotte du coin.
    Je maudis jusqu'à la septième génération celui qui a inventé ce concepte de disco ambulant. Rien à battre de leur musique de merde. Rien à secouer de leur vie d'abrutis (par le bruit).
     
    En métropole ça m'énervait déjà ....
     
    Voilà ! Ca ne sert à rien mais ça soulage.
    Ceci étant, rien ne dit que ça va s'arranger un jour.
     
     
    PS:je retire "merde" et "putain"
     
     
    11 April

    Vroumvroumvroum !

    En Guyane, les gens conduisent comme des sots ! Que ce soit en voiture ou en scooter (appelation locale : booster-tout un programme) tout le monde fonce la tête baissée, la vue refroidie par des lunettes de soleil. Terre de liberté, on oublie vite ici l'élémentaire du Code de la Route ou le minimum de courtoisie. C'est du "je passe en premier" qui règne. Et plus ma voiture est grosse et haute, plus ma priorité est avérée. La vitesse ? Bien sûr, ce sont tous des Alain Prost, alors la limitation ils ne savent même plus ce que c'est. Zone scolaire ? Même les parents qui viennent déposer leurs rejetons ne la respectent pas ! Le stop ? c'est tout au plus un céder le passage! Stationnement ? Plus l'emplacement est gênant et dangereux pour les autres, plus c'est fun. Et pourvu que ce soit juste en face de la boutique ou de l'endroit qu'on doit aller, c'est encore mieux! Attention, ça ne s'applique pas qu'aux Guyannais de base. La majorité des gens se comporte vraiment comme ça ! Métros compris! Je me demande comment ils font pour s'adapter ou se réadapter à la conduite en métropôle. Pour un réseau aussi peu dense, je serre les fesses à chaque fois que je prends la voiture, alors qu'à Paris, je n'ai aucune difficulté à conduire. Là, j'en ai un peu raz le cul ! Je préfère me faire bouffer une jambe par un caïman que me faire prendre une jambe par un félé de la route. Au moins j'aurai quelque chose de glorieux à raconter (mais on est d'accord, je préfère avoir les deux pour galopper sur un terrain de bad).
    20 February

    Fête à la campagne

    Samedi dernier, les proprios de mon appart m'ont invité à leur anniversaire. Ca s'est passé à leur carbet. En fait c'est une maison sur piloti tout en bois entouré de forêt. Génial. Sinon, c'était sympa de faire la fête à la campagne.



    15 February

    home sweet home

    C'est incroyable, je croule sous des demandes pour que je montre mon chez-moi. Voilà donc, quelques images...
     
     Ce que je vois de chez moi...les bananiers derrière ma Twingo sont maintenant (trois mois plus tard) plus hauts que le papayier qui est juste à côté.
     
     
     Ce qu'on voit de la rue...non, non, j'ai pas toute la maison (dommage, hein ?). C'est juste la porte ouverte et et deux fenêtres du rez-de-chaussée.
     
    Un des féroces canidés qui veillent sur notre tranquillité (oui, oui, c'est bien cette crétine de Tily, qui n'ose aboyer que quand sa mère le fait)
     
    10 December

    Les longues soirées d'hiver-suite et fin ou "les choupitos peuvent aller se rehabiller"!!!

    Ma deuxième nuit blanche en Guyane. Voilà ce que c'est que de trainer avec des jeunes.
    Je n'ai pas eu le courage d'aller regarder le soleil se lever sur la plage...avec tout ce qui se raconte, ce n'était pas une heure pour essayer de se raisonner et de ne pas céder  à la panique.
    En tout cas, le match opposant les Rouges Vin aux Chemises Blaches Tachées de vin s'est soldé par un match nul avec, dans chaque équipe, un titubant, deux cratères et trois survivants à l'aube.
    Je profite également de cette tribune pour rendre hommage  à Cat, la moitié de Marc qui n'a pas usurpé sa réputation. Toujours aussi fraiche à cinq heures et demi du mat tout en ayant honoré son gosier des diverses boissons  à des degrés alcooliques divers ! D'ailleurs, elle a même ramené les deux semi-comateux du match. Respect, comme on dit maintenant. Si j'étais le ministre de l'Agriculture (je ne sais même pas comment il s'appelle) je lui aurais décerné la palme du mérite agricole.
    La performance de la soirée a été le cratère. C'est un genre de choupito sans paille ni verre. Ici, ca se fait au Rhum (à 4,5 € le litre, faut pas s'en priver), un briquet et un buveux. On met dans sa bouche environ d'un demi verre de Rhum, et on le laisse se réchauffer quelques instants...essayez et vous verrez que c'est déjà une perf en soi. En suite, pendant que le volontaire fait un gargarisme, un complice allume l'alcool dans la bouche ! Ensuite, je me suis évanoui et du coup, je ne sais plus à quel moment on avale ce truc. Je précise que c'est moi qui ai pris les photos, donc, ce n'est pas moi qui suis sur les photos!!!


    Vous ne me croyez pas ? Regardez :

    05 December

    Les longues soirées d'hiver en Guyane

     
    Je reproduis un mél reçu aujourd'hui :
     
     
    Cher amis et néanmoins collègues,

    Soyons simples, soyons précis. Vendredi 9 Décembre à partir de 20h30.

    Vous êtes cordialement conviés au Match Retour UEFA qui se jouera cette fois-ci à mon domicile.

    Devant son public, l'équipe "rouge vin" composée de Joris-Joël-Eric (v'la l'équipe de gagnants, dopé au magnésif) aura à coeur de briller face à la nouvelle formation "les chemises blanches tachetées de vin rouge" que l'on ne présente plus : Yannick-Bertrand-Marc-Poupou (oui je sais, vous êtes un de plus, mais il y en a un qui va vite être sur le banc de touche dans sa voiture). Le match se jouera bien sûr au meilleur de 5 manches d'1h30 chacune.

    Je vous joins une carte indiquant l'emplacement du stade olympique (prendre la rue Eudoxie Vérin, et tourner à droite juste après la rue de l'Alouette). Voici les coordonnées du club en cas de problème :
    06 94 43 xx xx
    05 94 25 xx xx

    Le club s'est déjà engagé à fournir nourriture et vin rouge, les ingrédients d'un bon match.

    Ne vous étonnez pas de mon absence au travail Jeudi et Vendredi, je serai en stage de remise en forme à Claire-Fontaine (un peu d'eau ça ne fait pas de mal avant une belle rencontre). Malgré cette absence, le match aura bien lieu Vendredi.

    Sur ce, bonne semaine, bonne préparation et à Vendredi


    Joris, Avant-Centre de l'équipe "rouge vin".

     


    J'habite de l'autre coté du "8" à peu près au centre de la carte. Les deux taches bleues en haut et dans les coins, c'est la mer !!  On a beau traverser l'océan, les bonnes habitudes ne se perdent pas tout à fait.